Recette de la Erwtensoep

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20 minutes
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Il y a quelques jours, au sport, j’expliquais à une copine néerlandaise que j’écris régulièrement des petits papiers sur comment je me « néerlandise ». Elle me dit « Alors tu dois cuisiner de la erwtensoep, de la soupe aux poix ! » (C’est délicieux.) 

Ah ? Ouvrir une boîte Unox ne suffit pas ? Pourtant, sur les stands de plage en hiver, lors des balades en patins sur les canaux gelés, et à la fin de soirées arrosées, c’est toujours Unox. 

Son regard désapprobateur m’en dit long. Je tente un « Je n’ai pas de recette authentique » (sortie facile je l’admets, l’équivalent de Marmiton existe ici aussi). Sa réponse ne se fait pas attendre : 2 pages scannées, tout droit sorties d’un grimoire de sa oma

Je vérifie s’il n’est pas fait mention de bave de crapaud, poudre d’insecte et germes de mandragore dans la liste des ingrédients (la soupe est verte quand même). Comme un mot sur deux m’échappe, je m’en vais prudemment faire usage de Google Translate.

ingrédients

  • 250 g de groene erwten (pois verts secs. Pas de petits pois, donc)
  • 25 g de gerst of gorst (d’orge… Ce n’est pas pour faire de la bière ou donner aux chevaux ça ? Doux Jésus ! Dans quoi me suis-je embarquée ?)
  • 100 g de bacon et 1 saucisse fumée
  • 250 g de poireaux
  • 200 g de knolselderij (céleri rave. Je crois que je n’en ai jamais cuisiné de ma vie. Je ne sais même pas à quoi ça ressemble. Merci Google Image.)
  • 1/4 de litre de bouillon fait avec les groenteafval (déchets végétaux = des épluchures de légumes. Bien les laver avant ou utiliser du bouillon poudre.)
  • 2 cs d’huile, sel, poivre 
  •  2 cc de bonenkruid (Mais encore ? Réponse du marchand de légumes : ce n’est pas la saison, mais il peut m’en procurer en poudre. Je ne sais toujours pas ce que c’est, mais c’est noir, j’en ai mis dans la soupe et je suis toujours là pour vous le raconter.)
  •  1 cc de karwijzaad (graines de cumin)
  • 3 cs de persil haché 
  • 3 cs de céleri haché
  • 1 feuille de laurier

 

1 – Laver les pois et les laisser tremper 10 heures dans un litre d’eau avec le laurier et le cumin (heureusement que je n’ai pas loupé cette étape, sinon merci les ballonnements).

 

2 – Ajouter le bacon et la saucisse. Laisser cuire 3/4 d’heure. Retirer la viande et laisser cuire les pois encore 1 heure (c’est long : faut pas s’y mettre quand on a déjà faim).

 

3 – Pendant ce temps, nettoyer les légumes et faire le bouillon d’épluchures. 

 

4 – Faire chauffer l’huile et faire revenir les poireaux coupés en rondelles et le céleri rave en morceaux (mon premier céleri rave, j’en suis tout émue) jusqu’à ce qu’ils brunissent. 

 

5 – Blus met le bouillon : « éteindre » avec le bouillon. Je vais plutôt l’ajouter et faire cuire les légumes dedans, ça me parait plus logique.

 

6 – Ajouter sel, poivre et bonenkruid (la fameuse poudre noire) 

 

7 – Retirer la saucisse, mixer grossièrement les pois. Couper la saucisse en morceaux.

 

8 – Meng tot slot, ça sonne joli et ça veut dire : « ajouter à la fin ». Donc, ajouter la viande, le persil et le céleri haché à la fin.

 

9 – Allonger avec du bouillon si c’est trop épais.

Ma soupe était juste parfaite ! Je ne sais si c’est dû à ma faim de loup (ça fait des heures que je cuisine), à ma fatigue intellectuelle (toute cette traduction/interprétation culinaire) ou simplement au fait que la recette est parfaite, mais c’est DIVIN. 

Essayez, vous m’en direz des nouvelles ! Et merci Ilse pour les secrets culinaires de ta grand-mère.