Rencontre avec Mathilde baillarger

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25 minutes
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Pour notre première rencontre, nous avons rendez-vous avec Mathilde Baillarger, Française expatriée à Amsterdam depuis sept ans. Avez-vous déjà porté votre attention sur l’impact d’un costume de scène ou d’écran sur le personnage qu’il habille ? Mathilde nous l’explique et nous raconte surtout comment elle a fait de sa passion – la réalisation de costumes scéniques – son métier. Depuis ses études jusqu’au lancement de son initiative artistique, Eskistudio, découvrons l’histoire de cette entrepreneure passionnée et passionnante. 

Depuis quand es-tu aux Pays-Bas ? 

Je suis arrivée aux Pays-Bas en décembre 2013. Je venais de finir mes études de costumière réalisatrice à Paris et je cherchais à faire un stage pratique à l’étranger afin d’enrichir mon expérience, d’améliorer mon anglais et d’apprendre une troisième langue. J’ai décroché un stage à l’Opéra d’Amsterdam financé en partie grâce à une bourse européenne. J’étais ravie.

 

Où en es-tu de ton apprentissage de l’anglais ? 

On peut dire que mon expatriation a été très bénéfique puisque je suis maintenant bilingue.


Et du Néerlandais ?

Je suis encore loin d’être bilingue mais je me débrouille. Il faut dire que quand on s’adresse aux Néerlandais dans leur langue, ils switchent pratiquement tout le temps en anglais. C’est à la fois sympathique, car on sent que c’est pour nous rendre service (ou pour gagner du temps, NDLR), mais ça empêche de progresser.

 

En quoi consiste le travail de costumière-réalisatrice ? 

Ma mission est de concevoir les costumes de personnages en prenant en compte un certain nombre de contraintes. Cela peut être des astreintes techniques ou liées au contexte historique par exemple. Mon travail commence par l’analyse d’une maquette réalisée par un.e designer. Avec le reste de l’équipe costume, nous lui proposons et sélectionnons des tissus, puis la réalisation commence. Viennent ensuite les essayages et les ajustements techniques et créatifs, jusqu’à la réalisation finale. J’aime le fait de trouver des solutions créatives à des contraintes précises. Chaque costume est un défi. Mon métier me passionne également du fait qu’un costume en dit beaucoup sur un personnage ou un film. On a tendance à ne pas s’en rendre compte, pourtant, même dans des œuvres contemporaines, un habit, un accessoire ou une coiffure ont une incidence. Ils ne sont pas là par hasard. Chaque détail a une raison d’être.

 

Comment s’est passée la suite de ton parcours professionnel ?

À l’issue de mon stage, j’ai directement décroché un emploi. J’ai été costumière-réalisatrice à l’opéra d’Amsterdam pendant plus de trois ans. Ça a été une expérience très enrichissante, formatrice et révélatrice. 

Après trois années intensives, j’avais fait le tour des problématiques inhérentes à cet espace d’expression et j’avais envie de voir autre chose. Mon métier me permet de travailler pour différents milieux artistiques : pourquoi m’en priver ? C’est ainsi que j’ai pris la décision de me mettre à mon compte en 2017. Là, j’ai travaillé pour différentes compagnies, des festivals, etc.

Quelles sont, selon toi, les différences notables entre les Pays-Bas et la France en matière de production artistique ?

Je n’ai pas une expérience assez significative en France pour pouvoir dresser une comparaison poussée. Néanmoins, je dirais que la production artistique française est plus riche qu’ici. C’est probablement lié à l’existence, en France, du statut d’intermittent du spectacle. Étant moins dans une logique de profit, on peut oser plus de choses. Ici il n’y a pas de système propre à la culture : une majorité des techniciens est freelance.

 

Comment se passe ton activité depuis 2020 et la crise sanitaire ? 

En mars 2020, mon carnet de commandes était plein et je devais notamment accompagner une troupe de théâtre sur une tournée mondiale. Evidemment, cela n’a pas eu lieu. 

Je profite de cette période particulière pour apprendre. Je peux approfondir de nouvelles techniques mais aussi faire tout autre chose : j’ai ainsi suivi des cours de céramique au Studio Pansa, par exemple.

Le fait que mon activité professionnelle soit au ralenti m’a aussi permis de me renouveler. J’ai pu lancer une initiative artistique, Eskistudio, dont le but est de rapprocher des artistes qui travaillent habituellement seuls. Illustrateurs, tatoueurs et brodeurs se retrouvent sur un même projet. L’idée est également de rendre l’art plus accessible et de faire du mécénat à petite échelle.

En continuité avec mon activité professionnelle, je me suis lancée dans le montage d’un dossier pour effectuer de la recherche sur le costume. Évidemment, nombre de mes journées restent consacrées à la prospection et la programmation de projets pour 2021-2022.

 

Qu’est ce que tu aimes dans la vie aux Pays-Bas ? 

La qualité de vie. Mon travail m’oblige à vivre dans une grande ville. À Amsterdam, et particulièrement à Amsterdam Noord, où je vis, je peux trouver le calme de la campagne à dix minutes de chez moi tout en étant à proximité de Centraal Station.

 

Qu’est ce qui te manque de la France ? 

    • Les paysages vallonnés et les montagnes. 
    • Le côté un peu rebelle des Français aussi, parfois.

 

 Qu’est ce qui ne te manque pas ? 

  • La routine métro-boulot-dodo que j’avais en vivant à Paris. 
  • Le fait qu’aux Pays-Bas, certains sujets concernant la liberté ou l’égalité sont des évidence, contrairement à la France.
  •  

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’installer ici ?

Il faut que le cadenas de ton vélo soit plus cher que ton vélo.

 

Quelle bonne adresse aimerais-tu partager avec nos lecteur.ices ?

FC Hyena, un cinéma dans le nord. Il n’a que deux petites salles et l’ambiance y est chouette. Après la séance, on peut boire un verre avec vue sur le Ij et éventuellement un coucher de soleil sur la ville !

 

Es-tu plutôt :

  • Stroopwafels ou Poffertjes ? 

Stroopwafels

  • Bitterballen ou Kaassticks ? 

Kassticks. 

  • Heineken ou Amstel ?

Aucune des deux… Je préfère opter pour une bonne bière parmi toutes les petites brasseries que compte les Pays-Bas.

 

 

 

Un grand merci à Mathilde qui a été la première à se prêter au jeu de l’interview pour Francine à vélo. Si vous souhaitez poursuivre l’entretien avec Mathilde afin d’en savoir plus sur la signification du costume de Rey dans le dernier Star Wars, connaître  les meilleures brasseries des alentours d’Amsterdam ou la solliciter à propos d’une opportunité professionnelle, vous pouvez lui envoyer un mail à l’adresse citée dans sa fiche d’identité.

 

Si, vous aussi, vous avez envie de partager une activité, une passion, un hobby, une initiative avec les lecteur.ices de Francine à vélo, c’est par ici.


Carte d'identité

Prénom : Mathilde

Nom : Baillarger

Profession : Costumière- réalisatrice

Site(s) :  https://mathildebaillarger.com https://eskistudio.bigcartel.com 

Instagram :
@mathilde-baillarger
@eskistudio

Mail : baillarger.mathilde@gmail.com